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L’investissement privé et tensions politiques en Ci/Les indicateurs sont au rouge..: « Les incertitudes restent nombreuses… » Selon la Banque Mondiale

Afrikchallenges 18 Juil 2018 - 07H24
Selon la Banque Mondiale, l’investissement privé et tensions politiques en CI "Les indicateurs sont au rouge"

Nous ne sommes pas encore en 2020, prévue pour la présidentielle en Côte d’Ivoire. Mais nous sommes en plein dans les tensions et guéguerres politiques dont les secousses sont ressenties par les affaires du secteur privé ivoirien. Révélations des acteurs économiques et des experts de la Banque mondiale.. Dossier

« Au niveau domestique, le climat politique pourrait se détériorer à l’approche des prochaines élections présidentielles… Une forte incertitude pourrait retarder les investissements et ralentir l’activité économique. Une hausse de l’agitation sociale, comme lors du premier semestre 2017, pourrait influer sur la conduite de la politique budgétaire si le gouvernement choisi de répondre favorablement à de nouvelles revendications » extrait du 7e rapport sur l’économie de la Côte d’Ivoire publié en juillet 2018 par le Groupe de la Banque mondiale et dont le thème est : « Pour que demain ne meure pas jamais, la Côte d’Ivoire face au changement climatique » Et pourtant, nous sommes en plein dans un climat politique lourd et angoissant qui pourrait davantage se détériorer et impacter négativement l’investissement privé d’ici 2020. Les messages- clés dudit rapport dont l’auteur principal n’est autre que Jacques Morisset, économiste en chef et chargé des programmes de la Côte d’Ivoire à la Direction des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire , en disent long sur la situation de l’investissement privé ces dernières années en Côte d’Ivoire. L’état des lieux : Le rapport ajoute que : « Si en 2015, ce secteur Btp(Bâtiments Travaux publics) comptait pour 10, 5 points de croissance, sa contribution a diminué à 9,3 points en 2017.Cette perte a été compensée par le secteur public et par le secteur externe. Plusieurs variables conjoncturelles semblent confirmer ce ralentissement des activités privées, comme le crédit à l’économie et l’indice du Btp. Le manque d’amélioration du climat des affaires, les incertitudes liées aux troubles sociaux du premier semestre 2017 et les élections prévues fin 2020 pourraient expliquer ce ralentissement(…) l’ensemble des indicateurs financiers et monétaires sont restés relativement stables en 2017. A commencer par un taux d’inflation qui s’est maintenu en dessous de 1% » Malgré des efforts au niveau de la mobilisation des recettes, la gestion des arriérés et des paiements de l’Etat d’une part, et la gestion de la dette publique d’autre part, le document en question dit que : « L’économie ivoirienne reste toutefois vulnérable à plusieurs titres. Sur le plan externe, le risque majeur continuera d’être lié aux fluctuations des prix des matières premières du fait de la diversification insuffisante de l’économie ivoirienne. Si le prix du cacao a pesé en 2016, puis en 2017, la hausse du prix du pétrole qui a doublé sur les marchés internationaux au cours des 18 derniers mois devrait obliger le gouvernement à statuer sur une éventuelle répercussion plus ou moins forte sur les prix des carburants, ce qui aurait un impact négatif sur le secteur des transport » Par ailleurs, au- delà des risques de court terme indiqués plus haut, les économistes de la Banque mondiale soulignent aussi que « la récente croissance de la Côte d’Ivoire a en partie reposé sur l’utilisation de son stock de ressources naturelles qui , selon la Banque mondiale, aurait diminué de 26% entre 1990 et 2014 » (voir encadré 1).

La contribution du secteur privé en baisse

L’analyse minutieuse du rapport nous fait dire que ce n’est pas le temps des vaches pour les investisseurs privée en Côte d’Ivoire. Un sondage réalisé par la Chambre de commerce et d’industrie France en Côte d’Ivoire,(Ccifci) publié en début d’année 2018, auprès de ses membres, traduit bien le moral des opérateurs économiques en Côte d’Ivoire. « Peut-être l’indicateur le plus visible de la transformation de la croissance ivoirienne est la diminution de la contribution des secteurs privés et public en 2017. Si la contribution du secteur public s’est amoindrie, de seulement 0,3points du Produit intérieur brut(Pib) depuis 2016, la contribution du secteur privé a baissé d’environ 5points du Pib, à cause du ralentissement simultané de la consommation(- 6,3%) et de l’investissement(-6,6% par rapport à 2016 » indique la source qui ne manque pas de préciser par ailleurs que : « Avant de chercher les causes derrière ce ralentissement de la contribution du secteur privé, il convient encore d’examiner si elle se retrouve dans l’évolution récente d’autres indicateurs .Le constat est que le crédit au secteur privé tout comme l’indice de construction Btp ont enregistré un ralentissement de leur croissance au cours des derniers mois » Un constat qui selon ledit rapport n’est pas anodin, car il complète le message transmis par les comptes nationaux que l’activité privée semble se ralentir. Doit –on dire que ces messages-clés sont alarmistes ? Visiblement pas. Ils ramenèrent aux gouvernants et aux politiciens ivoiriens, qu’on ne se bat pas aux chevets d’une mère convalescente : La Côte d’Ivoire. Tout porte à croire que la bataille pour garder le Pouvoir au sein de la case, sera épique et fratricide ( voir encadré2)

Ce ralentissement qui risque de devenir permanent

Aussi, bien qu’il soit tôt pour conclure que le ralentissement de la croissance du secteur privé est un phénomène conjoncturel ou risque de devenir plus permanent, au moins deux hypothèses peuvent être avancées pour expliquer le dynamisme fléchissant des acteurs privés. Mais quelles sont ces hypothèses ? Selon M. Morisset, « le premier est la disparition des effets de rattrapage qui avaient prévalus à la sortie de crise. Il est bien connu que la restauration d’un climat politique apaisé pousse les acteurs vers un élan de consommation et d’investissement en partie pour rattraper le temps perdu. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, cet élan a sans nul doute par une politique budgétaire volontariste du gouvernement qui a investi massivement dans les projets d’investissement et qui a revalorisé la fonction publique. La mise en œuvre de réformes favorisant l’essor du secteur privé a permis la progression de la Côte d’Ivoire dans le classement Doing Business tenu par la Banque Mondiale. (…) » Toutefois, poursuit t-il, « l’ensemble de ces effets positifs se sont progressivement ralentis au cours du temps avec le tassement progressif des reformes entreprises par le gouvernement, y compris une expansion moins rapide des dépenses publiques. IL faut reconnaitre qu’après une période d’enthousiasme, les investisseurs privés deviennent de plus en plus attentifs à la qualité du climat des affaires dans leurs décisions qui demeure, maitre malgré des progrès, éloigné des standards internationaux, voire même régionaux » La deuxième hypothèse derrière ce ralentissement de l’essor du secteur privé est lié à l’augmentation de l’incertitude dans un contexte politique et social comme nous l’indiquions plus haut. « La deuxième hypothèse derrière le ralentissement de l’essor du secteur est liée à l’augmentation de l’incertitude dans un contexte politique et social. Les revendications d’une partie des forces militaires ainsi que de la Fonction publique lors du premier semestre de 2017, à laquelle s’ajoute la menace terroriste régionale, rappellent la fragilité de la Côte d’Ivoire. Ce sentiment de fragilité est exacerbé par le rapprochement des élections présidentielles qui sont programmées pour 2020. Les incertitudes restent nombreuses, notamment sur le choix des candidats dans la majorité présidentielle, et le comportement de l’opposition.(…) »

 

Bamba Mafoumgbé

bamaf2000@yahoo.fr

Légende photo: ( photo usine) les opérateurs économiques du secteur privé de plus en plus gagné par l’angoisse…

 


Encadré 1 : Eviter la catastrophe qui profile à l’horizon

 

La Côte d’Ivoire subit également chaque année une perte de 200hectare au niveau de sa couverture forestière. Il faut donc agir vite, pour arrêter l’hémorragie aux risques de donner un coup de massue à l’économie cacaoyère qui rapporte gros aux caisses de l’Etat et fait vivre plus 5 millions de personnes. La Côte d’Ivoire pays vulnérable Aussi, il n’ a pas manqué d’ajouter que la Côte d’Ivoire, pays vulnérable au changement climatique, a perdu 26% de son capital naturel entre 1990 et 2014. Car, la lutte contre le changement climatique va requérir des décisions immédiates et doit devenir une priorité pour que le pays maintienne un rythme de croissance accéléré et soutenable dans la durée. Le rapport accorde une attention particulière à l’érosion côtière et au secteur du cacao qui représente un tiers des exportations du pays et touche directement plus de 5 millions de personnes. Avec un littoral de 566 km, la Côte d’Ivoire compte aujourd’hui une population côtière de près de 7,5 millions d’habitants, qui produit près de 80 % du Pib national. Deux tiers de ce littoral est affecté par l’érosion côtière, avec des conséquences dramatiques pour les communautés et l’économie du pays. La bataille en vaut la chandelle et il faut y aller dès à présent au pas de charge. Mais que propose le gouvernement ivoirien ? Selon Koné Adama, ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, « la problématique est d’actualité. La Côte d’ivoire est victime du changement climatique et tout doit être mis en œuvre pour que demain ne meure jamais » La Côte d’Ivoire a décidé de faire la promotion et le développement d’une agroforesterie qui repose sur une agriculture intelligente. Notre pays dispose dans ce sens d’une stratégie d’un coût global de 616 milliards de Fcfa à mettre en œuvre. Nous invitons la communauté des bailleurs de fonds et des partenaires au développement à y souscrire à l’occasion de la table –ronde qui aura lieu bientôt ». Le développement économique et le climat sont inextricablement liés. (…) En l’absence d’une étude exhaustive sur l’impact du changement climatique, le rapport de la Bm fournit une première approche basée sur les informations parcellaires et en extrapolant les résultats, d’études conduites pour d’autres pays ou sur l’ensemble du continent africain. Ainsi, de l’avis du Groupement d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat,( Giec),« le changement climatique pourrait faire baisser le Pib de l’ensemble de l’Afrique de 2 à 4% d’ici 2040 et entre 10 et 25% en 20100. Pour la Côte d’Ivoire, cela correspondrait à une perte équivalente de 380 à 770 milliards de Fcfa. Ces pertes se repartiraient entre le secteur agricole, le capital humain et les infrastructures ». L’économiste Jacques Morisset va plus loin et avise : « Le changement climatique pourrait faire basculer dans l’extrême pauvreté 2 à 6% des ménages supplémentaire d’ici 2030. Pour la Côte d’Ivoire, ceci correspondrait à près de 1 million de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté (personnes vivant avec moins de 1,90 dollars par jour, soit environ 950 Fcfa par jour) et qui s’ajouteront aux six millions de pauvres aujourd’hui »

Bamba M.

 

Encadré2 : Les investisseurs français aussi très inquiets

 

Dans « Le baromètre 2017 de la Ccif- Ci : un indicateur de l’environnement des affaires » , des opérateurs économiques membres de cette chambre consulaire avait dit que les investissements privés étaient en recul par rapport à la programmation arrêtée en 2016 par les mêmes investisseurs, de moins bons résultats financiers en 2017 pour une majorité des répondants dans le cadre des relations avec les organismes financiers, les mêmes constats de 2016 persistent sur les soutiens accordés aux entreprises. Au niveau sécuritaire, quelques inquiétudes pointent avant les échéances électorales. L’on note la mise en place de dispositions particulières par les opérateurs économique et des modifications dans les rythmes de sorties. « En ce qui concerne l’économie, 35,44% des entreprises sondées disent que l’évolution 2017 ne semble pas avoir répondu à tous les espoirs des opérateurs du secteur privé. 26% estiment que les affaires se sont mieux portées. Relativement aux résultats financiers des entreprises adhérentes, d’une année sur l’autre, 52% disent que ces derniers ne sont pas meilleurs qu’en 2016 et regrettent pour 31% d’entre eux, le développement du secteur informel ». Et d’ajouter que « Relativement aux échéances électorales, 58% des sondés modifieront leur rythme de sortie à égalité avec ceux qui n’en prendront pas(…) » Se prononçant sur la poursuite des grands chantiers en Côte d’Ivoire, Un expert du Système des nations en Côte d’Ivoire est aussi formel : « Les investissements publics vont se pour se continuer mais nous allons assister à un grand ralentissement au niveau du privé au fur et à mesure que nous allons approcher les élections de 2020 » Des analyses et des alertes qui ne semblent pas émouvoir les protagonistes politiques notamment « la majorité présidentielle » Au sein de laquelle , la bataille pour que le Pouvoir politique reste au sein de la Case, c'est-à-dire dans l’escarcelle du Rassemblement des républicains est déclaré. Henri Konan Bédié qui a été arrosé constamment ces dernières années de privilèges socio- économico financiers par Ouattara du moins après l’appel de Daoukro, va-t-il abdiquer ? Rappelons que « Servir », l’Ong de Madame Henriette Konan Bidié est déclarée d’utilité publique donc elle reçoit des financements publiques par l’Etat de Côte d’Ivoire. Pendant qu’il nous revient que l’un des fils Bédié est revenu en force dans le négoce juteux du riz. Malgré tout Bédié semble très déterminé. Comme on le dit à Abidjan, « son pied est sur caillou »

 

Elysée Koffi

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