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Marché de l'affichage en Côte d’Ivoire vers la mort programmée de 145 régies agrées: la Cafci ‘porte plainte’ devant l’Anrmp

Afrikchallenges 06 Aoû 2018 - 07H31
Photo à titre illustrative

En Juin 2014, nous indiquions dans nos colonnes que le gouvernement ivoirien s’activait à  imposer le secteur de l’affichage extérieur en Côte  d’Ivoire à un groupe  français. Près  de trois ans  après, nous  n’avons pas visiblement eu tort.   JC Decaux, une multinationale française  opérant   dans le secteur  de la publicité  vient  de faire une entrée fracassante  en Côte  d’Ivoire sur le marché ivoirien. ( Voir encadré 2)  Après   avoir  décroché  deux gros contrats  d’exclusivités d’une  durée de 20ans chacune. Respectivement avec la Société de transports abidjanais,( Sotra)  et la mairie   de Cocody.  L’Agence Ecofin qui rapporte l’information est formelle : «  En  l’espace de 48 heures,  JC Decaux  a  le 23 juillet 2018, le groupe publicitaire français, spécialiste de l’affichage outdoor, a conclu un contrat de 20 ans avec la Société des Transports Abidjanais (Sotra), pour déployer un réseau de mobilier urbain, à usage publicitaire. Ce contrat permet également à l’entreprise française d’exploiter les faces des bus qui desservent les gares routières et les berges lagunaires de la ville.  Et  24 juillet 2018,   24h seulement après le premier accord, Cocody, une commune de la ville d’Abidjan a attribué au groupe publicitaire français une autre concession de 20 ans pour déployer un réseau de mobiliers urbains pour information »  Celà à la grande joie   Jean – Sébatien Decaux, Directeur général Europe du Sud,Belgique, Luxembourg,Afrique  et Israel du Groupe Publicitaire qui  affirme : « En tant que numéro un de la communication extérieure en Afrique et dans le monde, nous allons mobiliser notre expertise pour assurer le succès de ce partenariat en offrant des espaces publicitaires de grande qualité aux annonceurs et à leurs marques.», a assuré Jean-Sébastien Decaux (photo). Ainsi  ajoute, le confrère, les pourparlers avec les annonceurs désirant profiter des nouveaux espaces d’affichages ne devraient pas tarder. Vous avez dit « exclusivité d’une durée de 20ans » Cela fait  non seulement grincer les dents aux professionnels  locaux de l’affichage mais  incite selon nos sources à porter plainte contre le transporteur abidjanais qui avait jusque-là, un contrat pour l’exploitation des  abris bus et  l’exploitation des faces de bus desservant les gares routières  et berges lagunaires de la ville d’Abidjan.  Dans la mouvance de  la signature  du juteux contrat, Amaris  sentant flouée aurait ester  la Sotra  et Jc Decaux devant les tribunaux en France.  Vrai ? Nous  n’en savons rien. Approché, la Direction générale de la Sotra via  son  directeur de la communication, M. Gnamien  Théodore   nous a indiqué que ni la Sotra  encore moins Jc Decaux  n’avaient été informées  de l’existence d’une quelconque plainte. «  C’est vous qui apprenez que Aramis  a ester la Sotra et Jc Decaux devant les tribunaux à Paris, pour   dénonciation irrégulière  d’un contrat d’un contrat(…) »   Mais que dit la Chambre  des afficheurs de Côte d’Ivoire ?  Des acteurs   du secteur  qui voyait les choses venir  depuis longtemps voient en ces deux contrats d’envergure, la mort programmée des 145  entreprises locales  qui opèrent sur le marché ivoirien dont Aramis est la régie publicitaire du  Gea-Oca( voir encadré  1 )  Même elle  ne se prononce pas pour l’instant   sur le cas Sotra,  sur le contrat liant désormais  la mairie de Cocody  au Publiciste français, la position  du Cafci est bien claire.   Dans une déclaration officielle dont nous avons eu copie, M. Coulibaly Mahama, le président   de la Chambre  des afficheurs de Côte d’Ivoire,( Cafci)  affirme que c’est par  voie de presse  qu’elle  a été informé  que « la société JCDecaux S. A a annoncé la signature, par JC Decaux Côte d’Ivoire, sa filiale conjointement détenue avec le groupe Bolloré, un contrat de vingt (20) ans pour un programme de mobilier urbain à Cocody. Un contrat dont le contenu porte sur la conception, l’installation et la maintenance de quatre-vingt-dix (90) mobiliers urbains publicitaires et de sanitaires publics à entretien automatique.  Les professionnels de la publicité extérieure, réunis au sein de la Chambre des Afficheurs de Côte d’Ivoire, tiennent à informer les autorités administratives et politiques, l’opinion publique ainsi que les opérateurs économiques que ce contrat est en porte-à-faux avec les réglementations en vigueur, à savoir le décret n°2007-676 du 28 décembre 2007  portant réglementation de l’affichage publicitaire, le communiqué d’interdiction de pose de panneaux publicitaires et les règles de passation du marché public »  Dans la même note, la Cafci rappelle les efforts entreprises depuis 2013, le secteur d’affichage connait un plan d’assainissement encadré par un comité interministériel. Composé  du   ministère  de  la Communication, du  Ministère de l’Intérieur, District Autonome d’Abidjan. «  Ceci pour mener à bien ce processus dans un esprit d’inclusion, l’Etat de Côte d’Ivoire a eu l’amabilité d’associer la Chambre des Afficheurs de Côte d’Ivoire (Cafci) au comité technique afin de participer auprès du Conseil Supérieur de la Publicité (Csp), de la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local (Dgddl et des services techniques des collectivités territoriales à la mise en œuvre du plan d’assainissement. Ce processus a permis le démantèlement de plus de 1500 panneaux irréguliers et la production d’un communiqué d’interdiction de pose de panneaux toujours en vigueur. Cette situation douloureuse mais utile a été acceptée par l’ensemble des professionnels, qui, pour l’implantation ou la modernisation des dispositifs publicitaires, sont soumis à un suivi rigoureux du Csp conformément au décret » En claire, la  Cafci  qui  s’est engagée à assister techniquement et matériellement le comité technique dans le but de lutter contre les poses anarchiques et irrégulières, en espérant la validation de notre projet de réorganisation et de modernisation par les autorités compétentes qui tarde, semble est mis devant le fait accomplie. Il faut alors  craindre pour  un ensemble  d’environ 145 régies agrées dont 90 régies   afficheurs et assimilés nationaux  avec un chiffre d’affaires oscillant entre 10 et 15 milliards de Fcfa.  Dans un tel contexte, un bon nombre de régies  va mettre la clé sous le paillasson si  ce n’est  déjà fait. Mais que dit  le Conseil supérieur de la publicité,( Csp).    Des courriers    adressés émanant  du Csp et de la Cafci   adressés  aussi bien au  maire de cocody qu’à son directeur technique en disent  long. Dans le premier portant  le N° 0053 /Micenup/  Csp/  Dcp, signé de M. Dosso Mamadou, le directeur  de  la communication publicitaire au Csp en date du  25 juin 2018,  le signataire du courrier en question a sollicitait  le Maire de Cocody ,  « pour une audience pour aborder les questions relatives à l’affichage publicitaire dans la Commune de Cocody ».  Juste avant, M. Dosso Mamadou a  adressé une mise en démeure  en date  du 12 juin  2018( N° 0019 /Micenup/Csp /Dcp,) au directeur technique de la mairie de Cocody,  sur le respect du Décret 2007-676 du 28 décembre 2007 portant règlementation de l’affichage publicitaire en Côte d’Ivoire.  M. Dosso écrit ceci : «  Nos services de pige ont constaté l’implantation de plusieurs mobiliers urbains estampillés au nom de  la régie Jc Decaux » tout  au long de la rue des Jardins et ce ne violation de la procédure d’implantation  et d’exploitation des dispositifs publicitaires établie par  le décret 2007-676 du 28 décembre 2007 portant règlementation de l’affichage publicitaire en Côte d’Ivoire (…)»  Face à ces différentes requêtes  y compris une autre   du Cafci, quelle a été la réaction du  Maire Ngoan Aka Mathias ou encore de son directeur technique ?  Nous avons joint  M. Aholy, le Sous- Directeur de la communication.  Monsieur Aholy a qui nous avons laissé  nos différents contacts a promis   nous apporter la version des faits   de la Mairie. Nous avons fini par avoir la version de M.  Gomis Abdoulaye,  Sous - Directeur  des affaires juridiques et contentieuses  de la mairie de  Cocody qui nous a dit : «   Il  s’agit de dispositif  pour l’affichage publicitaire de bonne qualité qui répond à la vision que le Maire de Cocody a, pour ce qui est  de l’affichage dans  sa commune.  Nous partons d’un constat. Quand vous prenez  des artères de Cocody, vous voyez les panneaux publicitaires. Qui très souvent ne sont pas entretenus.  Dans le cadre d’un vaste projet  que le maire à  et qui impacte tout le District d’Abidjan voire au-delà(…), il y a un certain nombre de chose qu’on doit faire »   Aussi,M. Gomis  ajoute  que « les panneaux publicitaires que les gens posent, contribuent  à la pollution  du paysage  de la commune. C’est  ainsi qu’il a décidé qu’il fallait donner un exemple aux autres, en faisant venir des mobiliers urbains qui ont bon design et fait en matériaux résistants. Ces mobiliers-là participent à l’embellissement de la commune.  C’est dans ce cadre  qu’une convention a été signée avec Jc Decaux. A la longue, nous voulons  dire à la Cafci que c’est ce modèle- là que nous voulons. Nous  n’avons demandé à personne de démanteler  ses mobiliers implantés à Cocody.  Nous ne pouvons aller de l’avant qu’avec la Cafci. Quand le projet sera finalisé, nous  ferons appel à tout le monde »  Contrat d’exclusivité  de 20ans ? M. Gomis repond : « Non ! Nous nous inscrivons en faux. Au même titre que les autres régies, Jc Decaux est sur le terrain comme eux. Il n’a jamais été question d’une exclusivité dans ce domaine-là. D’ailleurs, nous sommes dans un pays libéral, les questions  d’exclusivité  c’est comme un monopole »      Tant il est vrai que la Mairie peut contracter avec  qui elle veut comme régie, pour doper ses recettes,  qu’est-ce qui urgeait   pour qu’elle  offre une exclusivité de 20 ans à  Jc Decaux pendant que le gouvernement ivoirien  dit  faire la promotion des Petites et moyennes entreprises et  expertises locales.  Quand  une telle signature  intervient  en fin de mandat, il y a lieu de s’interroger.  Surtout qu’il y a de cela quelques années, les afficheurs ivoiriens ont contribué efficacement à l’assainissement et à  l’organisation du système d’implantation des panneaux publicitaires en Côte d’Ivoire.   Selon les professionnels de l'affichage, «  avant  cette  opération,  il y avait  aux abords des rues d'Abidjan 700 panneaux inconnus, qui n'avait  pas de propriétaire sur un total de  5000 panneaux  de tout type dans le District d’Abidjan (…)L'opération de démantèlement  a  concerné  dans un premier temps,  ces panneaux sans propriétaires puis nous   allons nous   attaquer   aux panneaux irréguliers », indique le ministère de la Communication. «  De façon plus stratégique, cette opération de démantèlement des panneaux publicitaires, repose sur  18 grands    axes qui ont  été  identifiés pour la  deuxième phase et qui devront tenir compte du point de vue des  opérateurs économiques de ce segment d’activité ». L’objectif visé par  le  gouvernement ivoirien via   son  ministère de la Communication, en lançant    au dernier trimestre 2012, une vaste opération de démantèlement des panneaux publicitaires irrégulièrement installés sur le territoire du district d'Abidjan.   Il  s’agissait  de  faire d'Abidjan une ville où il fait bien vivre.  Cela commence par la sécurisation des personnes par rapport aux panneaux illicites et dangereux pour le bien des personnes.  Une opération d’assainissement   qui a entrainé une perte sèche  de l’ordre    d’environ  deux milliards de Fcfa chez les membres du Cafci.  Expliquant le bien- fondé  de l’opération  le gouvernement avait dit que  «  le  succès de cette opération permettra  aux acteurs qui  sont en difficulté en ce moment de mieux gagner sur la location des espaces publicitaires  dont la location de l’unité est de  130 mille Fcfa par mois contre un peu moins  à ce jour. » Les  membres de la  Cafci qui souhaitent  la mise en place d’un Fonds de Développement, disent ne pas craindre l’arrivée des majors sur le marché ivoirien de l’affichage publicitaire. Dans la mouvance, le  Président Mahama Coulibaly, du Cafci avait dit : «  Nous sommes certes en difficultés et  faisons face aux    engagements envers les impôts, mais nous ne craignons pas l’arrivée des majors » Certainement, il faut que cela se fasse  en respect de la règlementation en vigueur. Après la commune de Cocody,   le  groupe publiciste français pourrait  mettre pieds dans la commune chic du Plateau. Il nous revient que depuis  201 3, la mairie du plateau  qui a sa régie est sous  fortes pressions dans ce sens. Noel  Akossi Bendjo, le maire élu ayant été révoqué par le gouvernement, le boulevard est désormais   devant  Jc Decaux pour s’installer  au Plateau.   Aux dernières nouvelles, il nous revient que  la Cafci a décidé de saisir l’Autorité nationale de régulation des marchés publics ( Anrmp.   Affaire à suivre…


  Bamba Mafoumgbé, bamaf2000@yahoo.fr


 Encadré 2 :  Bon à savoir  sur  le  groupe Gea-Oca


 Le  Groupement des entreprises d’Afrique  de l’Ouest, du centre et australe, (Gea-Oca)  ( de droit ivoirien)   Spécialisé entre autre  dans l’étude, le conseil, la construction industrielle,  construction navale, la communication et publicité. Ce sur  dernier  département que  développement Aramis  depuis 2007 entre autres  sur les arrêts de bus de la Sotra.   Un  arrêt de bus, sémantiquement,  c’est un espace déterminé dans lequel des usagers attendent ensemble un bus. Pour Aramis , c’est aussi un caisson lumineux offrant une zone sécurisante. Une barrière de sécurité assez longue pour que tous les usagers puissent s’y accouder. En clair, des espaces conviviaux qui permettent à la fois un affichage publicitaire varié et mesuré. Entre 2008 et 2009,   elle a commencé à développer un réseau de mobiliers urbains en pleine expansion : abris bus, panneaux XXL, kiosques, bancs panneaux. Depuis les arrêts de bus sont devenus des abribus avec leur banc moderne, robuste et confortable et leur toit protecteur. Les principales gares routières ont été réhabilitées et décorées par Aramis : Panneaux tri dimensionnels tout en hauteur, quais d’embarquement refaits, nouveaux kiosques de vente en polyester. Depuis 2009, animée par cette même volonté de proposer aux populations de nouveaux espaces confortables et originaux, Aramis conclut avec le District d’Abidjan puis certaines communes abidjanaises pour l’implantation de bancs panneaux recto verso de différentes dimensions (6.5/9/12 mètres carrés). Dans le même temps et avec les mêmes partenaires, Aramis signe pour la fabrication et l’exploitation d’un réseau de 500 kiosques dont les implantations sont, comme toujours, sélectionnées parmi les axes les plus affluents. Nouveaux espaces de vente, de distribution et de promotion donc, avec les nouveaux kiosques en polyester Aramis, aux formes généreuses et arrondies, déjà visibles et utilisées dans les gares routières de la Sotra. Ainsi avec l’arrivée  de Jc Decaux, toute cette expertise  devra  certainement aller se faire voir ailleurs.


 B. M  .  


 Jc Decaux en chiffres  et en actions


Pour qui ne connait pas ce groupe  dans l’affichage publicitaire  qui a réalisé en  2014, un chiffre d’affaires  ajusté  pour le troisième trimestre 2014 est en hausse de 6,0 % à 669,3 millions d’euros, comparé à 631,6 millions d’euros au troisième trimestre 2013. En excluant les impacts positifs liés à la variation des taux de change et aux variations de périmètre, le chiffre d’affaires ajusté est en augmentation de 3,9 %. Le chiffre d’affaires publicitaire ajusté, hors ventes et locations de matériel, et contrats d’entretien, est en hausse de 3,8 % en organique au troisième trimestre 2014.  Les  chiffres ont bien évolué puisque nous sommes en 2018.  Après  sa position dominante en Amérique du Sud et en Asie,  cette multinationale française est  depuis peu,  est devenu leader du mobilier publicitaire urbain en Afrique par l’acquisition de Continental Outdoor Media, le n°1 africain de l’affichage, est  basé en Afrique du Sud et  présent dans 14 pays africains dont Afrique du Sud, Angola, Botswana, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Ouganda, Swaziland, Tanzanie, Zambie et  Zimbabwe  D’où  ce groupe  entend étendre  sa toile  sur    d’autres pays   africains dont la Côte d’Ivoire.  Après avoir   repoussé  diplomatiquement et  aux portes du Maroc où les  autorités  de ce pays  entendent aller à l’émergence avec  les professionnels locaux   les réseaux  de lobbyistes ivoiriens n’ont pas manqué   l’occasion pour courtiser marché  ivoirien. Ce après avoir été refoulé du Sénégal. Depuis 2013, juste après l’opération de démantèlement des panneaux publicitaires anarchiques, Jean-Sébastien Decaux s’est  rendu en Côte d’Ivoire où il fait part de l’ambition de son groupe à s’investir dans le secteur.  Mais à la seule condition qu’il en soit le détenteur exclusif.   Il y est donc, solidement à la manœuvre  désormais en Côte d’Ivoire.

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