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[PORTRAIT] Donald Trump, le président qu'on n'attendait pas

Ivoirinter24 09 Nov 2016 - 14H42

Arrivé sur le tard en politique, Donald Trump est le vainqueur surprise de l’élection présidentielle américaine. Alors qu’il comptait de nombreux détracteurs au sein même du camp républicain, ce provocateur hors pair s'est fait le porte-voix d’une Amérique déçue par sa classe politique et de nouveau tentée par l’isolationnisme. Retour sur son parcours.

 

Un Benito Mussolini pigmenté au carotène mélangé à un Bernard Tapie façon Yankee Stadium, l’ensemble surmonté d’un étrange toupet blond biconvexe, voilà en gros l’image que nous renvoie Donald Trump, celui qui succède à Barack Obama à la Maison Blanche. De Mussolini, Trump a hérité la faculté d’haranguer les foules et la foi dans un nationalisme exacerbé. Quant à sa gouaille légendaire et l’incroyable aplomb dont il a fait preuve durant toute la campagne présidentielle, ils ne sont pas sans rappeler, puissance 10, ceux affichés autrefois par Bernard Tapie, l’homme d’affaires et ancien ministre français avec qui Trump a également en commun l’art du rebond dans le business, un génie télévisuel certain et aussi la particularité de s'être servi du sport comme tremplin. Différence de taille toutefois, ni Mussolini, ni Tapie n’ont été accusés de harcèlement sexuel.

 

« Derrière chaque grande fortune se cache un grand crime », écrivait Balzac. Si la fortune de Donald John Trump n’est a priori entachée d’aucun crime, elle est jalonnée de quelques oublis pour ne pas dire de quelques mensonges, car Trump est loin d’être un self made man, comme il l’a souvent laissé croire. C’est désormais de notoriété publique : le magnat de l’immobilier investi par le Parti républicain pour affronter Hillary Clinton dans la course à la Maison Blanche doit en effet une fière chandelle à son père, Fred Trump, qui lui a d’abord laissé le contrôle de sa compagnie l’année de ses 25 ans, puis lui a sauvé plusieurs fois la mise lorsqu’il était en difficulté financière.

 

Comme sa rivale battue dans la course à la présidence, Donald Trump est un enfant de l’immédiat après-guerre. Avant-dernier d’une famille de six enfants, il naît le 14 juin 1946 à Jamaica Estates, dans une maison de 23 pièces de ce quartier aisé et boisé situé au milieu de l’arrondissement du Queens à New York. Parti de pas grand-chose, Fred Trump a déjà fait fortune quand Donald apparaît, une fortune amassée à coups d’investissements judicieux dans la construction d’immeubles en brique rouge comme on en voit encore des centaines à Brooklyn et dans le Queens, des habitations principalement destinées aux classes moyennes. « Par chance, j’ai eu Manhattan pour moi tout seul », dira un jour Trump junior, avec la modestie qui le caractérise.

 

Businessman à 25 ans

 

Passé maître dans l'art de l'autopromotion, Donald Trump a publié une vingtaine de livres.

Peter Kramer / Getty Images North America / AFP

Elevé à l’ancienne mais déjà turbulent, Donald a treize ans quand le paternel l’expédie à l’Académie militaire de New York après une escapade à Manhattan durant laquelle le garnement et ses copains s’étaient procuré des couteaux à cran d’arrêt « pour faire comme dans West Side Story ». L’incartade de trop. Du confort de la demeure du Queens aux rigueurs de la caserne de Cornwal-on-Hudson, à 100 km au nord de Big Apple, le choc est brutal mais le teenager encaisse. Déjà costaud pour son âge, assez doué pour le baseball et le football (américain bien sûr), Donald va apprendre la discipline et aussi à se faire respecter. Cinq ans plus tard, c’est un jeune adulte sûr de lui qui sort avec les honneurs de l’académie pour rejoindre l’université de Fordham dans le Bronx en 1964 puis la Wharton School de Philadelphie en 1966, la plus prestigieuse école de commerce américaine.

 

Après avoir échappé à la guerre du Vietnam grâce à une dispense médicale de complaisance obtenue en octobre 1968, il rejoint son père pour l’épauler au sein de l’entreprise familiale. Donald apprend vite auprès d’un homme qui, à sa mort en 1999, aura construit en tant que promoteur plus de 27 000 appartements dans les différents boroughs (arrondissements) de New York et laissera une fortune estimée à 300 millions de dollars de l’époque répartie entre cinq de ses six enfants car Fred Jr, le frère aîné, est décédé en 1981 à l’âge de 43 ans, une mort due à l’alcoolisme. Dès 1971, Donald se voit confier le contrôle de la société qu’il rebaptise aussitôt Trump Organization et dont il déménage le siège à Manhattan, son futur terrain de chasse. Grâce à son flair, à son audace mais aussi aux lignes de crédit accordées par la Chase Manhattan Bank et dont son père se porte garant, l’ambitieux promoteur commence à bâtir son empire.

 

Son premier gros coup est la transformation du vieil hôtel Commodore en Grand Hyatt Hotel en 1978, une opération qui ne va pas sans quelques difficultés financières puisque Fred Trump devra le renflouer de 7,7 millions de dollars deux ans plus tard pour rembourser les intérêts. Les dettes, Donald Trump va s’habituer à vivre avec (selon le New York Times elles s’élèveraient cette année à 650 millions de dollars), tout comme il va passer maître dans l’art de contourner les règles et de se jouer du fisc, notamment grâce à des reports de déficits, une gymnastique compliquée mais légale aux USA. Roi de l’autopromotion, il va désormais apposer son nom sur la plupart de ses réalisations, toutes plus clinquantes les unes que les autres : la Trump Tower (1983), le Trump Building (1995), Trump Place (1997), la Trump World Tower (2001), le Trump Park Avenue (2002) et le Trump International Hotel and Tower (2005) pour ne citer que celles de Manhattan.

 

Dès le début des années 1980, il se lance parallèlement dans le rachat et la construction d’hôtel-casinos à Atlantic City, station balnéaire qui n’est située qu’à deux heures de voiture de Manhattan. Son produit d’appel se nomme alors Mike Tyson. Le plus jeune champion du monde poids lourd de l’histoire disputera au total treize combats (treize K.O.) dans le Las Vegas de la Côte Est entre 1985 et 1988, une sacrée publicité pour Trump car Tyson est alors une attraction planétaire dont les matchs sont retransmis sur les cinq continents. Le partenariat finira quand même par une brouille (Don King, le manager de Tyson, fait croire à son poulain que Trump a couché avec sa femme, Robin Givens …) et le chapitre Atlantic City va également se terminer en sortie de route pour Donald Trump puisque le Trump Plaza, le Trump Castle et le Taj Mahal font tous les trois faillites en moins d’un an, entre 1991 et 1992. Lire la suite sur www.rfi.fr

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