Une vive tension foncière secoue la zone périurbaine d’Anyama Les 4 Croix
Depuis quelques semaines, deux
logiques s'affrontent pour le contrôle de plusieurs centaines d’hectares situés
entre Anyama-Adjamé et Anyama-Ahouabo.
Il s’agit du camp ESTP et ses partenaires.
La structure d'aménagement foncier dirigée par Soumahoro Mory, appuyée par des
familles propriétaires, revendique la mise en valeur du site avec un
investissement global évalué à 1,79 milliard de F CFA. Elle dénonce des
empiètements illégaux sur ses réalisations. Et du camp Sophia SA. Son PDG,
Touré Ahmed Bouah, fait valoir un titre d'aménagement octroyé par l'État
ivoirien sur un périmètre de 300 hectares.
Une expertise technique indépendante,
censée faire la lumière sur l'affaire, a mis en évidence une superposition des
zones d'intervention : selon Sophia SA, les 300 hectares attribués ne
correspondent pas au périmètre réellement aménagé par l'ESTP.
Délimitation du site et réactions des
investisseurs
S'exprimant lors d'une visite de
terrain ce jeudi 10 septembre 2026, Soumahoro Mory, Directeur général de ESTP
est revenu sur la sécurisation d'une parcelle de 72 hectares issue d'un
ensemble de 346 hectares. Il indique avoir mené des démarches contradictoires
avec huit familles terriennes et versé 7,2 millions de F CFA d'indemnités à la
chefferie locale (à raison de 100 000 F CFA par hectare). Affirmant avoir
régularisé l'ensemble des attributions malgré l'apparition de doublons et de
chevauchements de mandats, il assure avoir agi en concertation avec les
notaires et les autorités locales.
En marge de cette intervention,
d'autres acteurs se prononcent
La représentante de la famille Amon réclame
à Touré Ahmed Bouah plus d'un milliard de F CFA de compensation pour la cession
de plusieurs centaines d'hectares appartenant aux familles détentrices de
droits.
Dame Ouattara Ahoua, partenaire
financier de l'ESTP, a exprimé son inquiétude face à l'insécurité des capitaux
engagés. Elle lance un appel aux autorités ivoiriennes, notamment au chef de
l'État Alassane Ouattara, pour qu'une médiation permette de stabiliser la zone.
Accusations d'un ex-collaborateur et
fermeté de la chefferie
L'affaire prend une tournure plus
vive avec le témoignage de M. Kouassi dit « Jimmy », ancien collaborateur du
patron de Sophia SA pendant 25 ans. Selon lui, sur un projet global de 600
hectares à Ahouabo, un seul hectare aurait été effectivement payé aux familles
par Touré Ahmed Bouah, contrairement aux engagements annoncés.
Cette version est toutefois contestée
par la chefferie d'Anyama Adjamé Les 4 Croix. L'honorable Amon Siméon a
réaffirmé son soutien à Touré Ahmed Bouah, désavouant publiquement les
initiatives d'aménagement menées par le camp de Soumahoro Mory. Selon la
chefferie, des sommations d'arrêt des travaux avaient été adressées pour
bloquer les ventes de lots sur les 72 hectares querellés, qualifiant la
poursuite des opérations de source de désordre foncier.
Une confrontation désormais
judiciaire
Face à l'échec des tentatives de règlement
à l'amiable, l'affrontement est désormais porté devant la justice. L'ESTP et
ses associés ont porté plainte devant le Pôle pénal économique et financier
pour faux et usage de faux, contestant la conformité de documents
administratifs et topographiques détenus par Sophia SA.
Rejetant ces griefs, Touré Ahmed
Bouah exige la présentation de preuves tangibles et annonce la saisine du
tribunal de commerce. Il souhaite obtenir un audit des créances revendiquées,
faire annuler certains mandats et fixer définitivement les limites juridiques
du site.
CT














