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Une vive tension foncière secoue la zone périurbaine d’Anyama Les 4 Croix

IvoirInter24 11 Sep 2026 - 11H09
DR @ Photos prise de Soumahoro Mory, DG d'ESTP lors de la visite terrain du site concerné

Depuis quelques semaines, deux logiques s'affrontent pour le contrôle de plusieurs centaines d’hectares situés entre Anyama-Adjamé et Anyama-Ahouabo.

 

Il s’agit du camp ESTP et ses partenaires. La structure d'aménagement foncier dirigée par Soumahoro Mory, appuyée par des familles propriétaires, revendique la mise en valeur du site avec un investissement global évalué à 1,79 milliard de F CFA. Elle dénonce des empiètements illégaux sur ses réalisations. Et du camp Sophia SA. Son PDG, Touré Ahmed Bouah, fait valoir un titre d'aménagement octroyé par l'État ivoirien sur un périmètre de 300 hectares.

 

Une expertise technique indépendante, censée faire la lumière sur l'affaire, a mis en évidence une superposition des zones d'intervention : selon Sophia SA, les 300 hectares attribués ne correspondent pas au périmètre réellement aménagé par l'ESTP.

 

Délimitation du site et réactions des investisseurs

 

S'exprimant lors d'une visite de terrain ce jeudi 10 septembre 2026, Soumahoro Mory, Directeur général de ESTP est revenu sur la sécurisation d'une parcelle de 72 hectares issue d'un ensemble de 346 hectares. Il indique avoir mené des démarches contradictoires avec huit familles terriennes et versé 7,2 millions de F CFA d'indemnités à la chefferie locale (à raison de 100 000 F CFA par hectare). Affirmant avoir régularisé l'ensemble des attributions malgré l'apparition de doublons et de chevauchements de mandats, il assure avoir agi en concertation avec les notaires et les autorités locales.

 

En marge de cette intervention, d'autres acteurs se prononcent

 

La représentante de la famille Amon réclame à Touré Ahmed Bouah plus d'un milliard de F CFA de compensation pour la cession de plusieurs centaines d'hectares appartenant aux familles détentrices de droits.

 

Dame Ouattara Ahoua, partenaire financier de l'ESTP, a exprimé son inquiétude face à l'insécurité des capitaux engagés. Elle lance un appel aux autorités ivoiriennes, notamment au chef de l'État Alassane Ouattara, pour qu'une médiation permette de stabiliser la zone.

 

Accusations d'un ex-collaborateur et fermeté de la chefferie

 

L'affaire prend une tournure plus vive avec le témoignage de M. Kouassi dit « Jimmy », ancien collaborateur du patron de Sophia SA pendant 25 ans. Selon lui, sur un projet global de 600 hectares à Ahouabo, un seul hectare aurait été effectivement payé aux familles par Touré Ahmed Bouah, contrairement aux engagements annoncés.

 

Cette version est toutefois contestée par la chefferie d'Anyama Adjamé Les 4 Croix. L'honorable Amon Siméon a réaffirmé son soutien à Touré Ahmed Bouah, désavouant publiquement les initiatives d'aménagement menées par le camp de Soumahoro Mory. Selon la chefferie, des sommations d'arrêt des travaux avaient été adressées pour bloquer les ventes de lots sur les 72 hectares querellés, qualifiant la poursuite des opérations de source de désordre foncier.

 

Une confrontation désormais judiciaire

 

Face à l'échec des tentatives de règlement à l'amiable, l'affrontement est désormais porté devant la justice. L'ESTP et ses associés ont porté plainte devant le Pôle pénal économique et financier pour faux et usage de faux, contestant la conformité de documents administratifs et topographiques détenus par Sophia SA.

 

Rejetant ces griefs, Touré Ahmed Bouah exige la présentation de preuves tangibles et annonce la saisine du tribunal de commerce. Il souhaite obtenir un audit des créances revendiquées, faire annuler certains mandats et fixer définitivement les limites juridiques du site.

 

CT

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