Filière Anacarde : les experts dressent un bilan prometteur pour la qualité « Made in Côte d’Ivoire » à Kouto
La ville de Kouto a marqué, ce vendredi 20 février 2026,
l’étape ultime d’une intense mission de sensibilisation de quatre jours à
travers les régions du Poro et de la Bagoué. Entre démonstrations techniques et
échanges directs avec les producteurs, les experts de l’Unité Opérationnelle de
la Défense des Cultures (PNRA) et du Conseil du Coton et de l’Anacarde
affichent un optimisme clair : la culture de la qualité est en marche.
Un périple au cœur du verger
ivoirien
Débutée il y a quatre jours, cette
mission de proximité a sillonné les localités stratégiques de Sohouo, Boron,
Ganaoni pour s'achever en apothéose à Kouto. L’objectif était sans équivoque :
armer les producteurs contre les ravageurs et les mauvaises pratiques
post-récolte qui dévaluent la noix de cajou sur le marché international.
Pour le Dr Soro Sibirina ,
Enseignant - Chercheur/Maître de Conférence, à l'Université Lorougnon Guédé de
Daloa, s'est réjoui de l’accueil réservé par les paysans. « Nous avons trouvé
des producteurs très réceptifs, capables désormais, grâce aux outils visuels,
d’identifier précisément les maladies et les insectes qui minent leurs vergers
», a-t-il confié au terme de la séance.
La révolution de la « densité » et
de la réhabilitation
Poursuivant son propos, il a
souligné que le constat technique est sans appel, car de nombreuses
plantations, âgées de 15 à 20 ans, ont fini par ressembler à des forêts
impénétrables, étouffant ainsi toute productivité. L’accent a donc été mis sur
la réduction de la densité.
Quant à Soro Kolotcholoman ,
coordonnateur de l’Unité Opérationnelle de la Défense des Cultures, il a
fait savoir que l’élagage et
l'espacement correct des arbres ne sont plus des options mais des nécessités.
Les résultats observés sur les parcelles pilotes sont spectaculaires . En ce
sens qu'une aération du verger réduit naturellement la pression parasitaire sans
recours massif aux pesticides, tout en doublant le rendement.
« L'expérience vaut mieux que la
science », a t-il martelé, soulignant que le producteur qui voit sa récolte
augmenter devient le meilleur ambassadeur de ces méthodes.
La voix des producteurs entre prise
de conscience et satisfaction
Sur le terrain, la satisfaction des
paysans est palpable. Pour beaucoup, cette mission a été une révélation
technique.
M. Koné Fatouman Marcel,
représentant de l'Organisation des Producteurs d'Anacarde (OIA-Anacarde) à
Kouto, ne cache pas son enthousiasme, « Je suis très satisfait de cette
réunion. Il y a des choses que je ne connaissais pas, comme certains insectes
et la technique pour séparer les pieds. Quand je regarde les vergers
aujourd’hui, je vois qu'ils ne sont pas propres. Ceux qui ont fait l'école nous
conseillent, nous devons les écouter pour progresser ».
Même son de cloche chez les
producteurs ayant déjà expérimenté la réduction de la densité (élagage des
arbres). Un producteur témoigne de l'impact spectaculaire sur son rendement. «
L'année passée, les experts sont venus couper 100 pieds sur un hectare. Au
début, on a eu peur, mais quand on a vu la production, ce n'est plus la même
chose ! Le champ est propre, l'air circule, et les noix sont plus grosses.
Aujourd'hui, tout le monde à Kouto court derrière moi pour que les experts
viennent aussi dans leurs champs », s'est-il réjoui .
Vers le leadership mondial de la
qualité
La Côte d'Ivoire, déjà leader
mondial en volume, ne veut plus se contenter de la quantité. « Nous voulons
être les premiers en qualité pour que les transformateurs s'arrachent notre
produit », explique l'équipe de mission.
Le bilan est jugé extrêmement positif.
En touchant directement le cœur de la production dans le Poro et la Bagoué, les
experts estiment avoir posé les jalons d'une campagne 2026 d'exception. La
sensibilisation est finie, place désormais à la mise en pratique pour que
l'anacarde continue de faire battre le cœur économique du Grand Nord.
C. Debank

















