L'OMS Afrique mise sur l'intelligence artificielle pour anticiper les crises sanitaires
Au cours d’une rencontre
internationale organisée par le Hub des urgences de l’OMS AFRO et Fondation
Gates le vendredi 8 août 2025 à Dakar, Dr Etien Koua, en sa qualité de
co-organisateur de l’évènement et chef du département de l’information
sanitaire des urgences, de l’intelligence épidémique et de la surveillance de
l’OMS AFRO, a dans son mot d’ouverture prononcé une conférence sur l’importance
cruciale de l’intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre les crises
sanitaires en Afrique.
Une région confrontée à une recrudescence d’urgences
sanitaires
Le responsable de l’OMS a souligné que la région africaine
fait face à plus de 100 épidémies chaque année, telles que le choléra, la
fièvre jaune, la méningite ou encore la maladie à virus Ebola. En 2024, 145
nouveaux événements de santé publique ont été recensés, dont la majorité
étaient des épidémies, illustrant la complexité croissante des crises
sanitaires.
Les limites des systèmes traditionnels
Il a rappelé que nos outils actuels, basés sur des rapports
papier ou des systèmes cloisonnés, sont souvent trop lents pour anticiper la
propagation des maladies : les données mettent des semaines à remonter, ce qui
coûte des vies évitables. La fragmentation des données et la réaction tardive
entravent la réponse efficace face aux épidémies.
L’IA, une solution
d’avenir pour la santé publique
« L’intelligence artificielle n’est pas simplement une
innovation, c’est une nécessité opérationnelle », a déclaré Dr Etien Koua. En
exploitant des données satellites, des rapports cliniques ou des mouvements de
population, l’IA peut prédire, plusieurs jours avant, les points chauds
d’épidémie, permettant ainsi aux équipes d’intervenir en amont, avant que la
situation ne devienne critique.
Il a illustré son propos avec l’exemple du choléra :
aujourd’hui, la surveillance traditionnelle ne permet pas de suivre la
progression en temps réel. Grâce à l’IA, combinant diverses sources de données,
comme sur l’accès a l’eau potable, les précipitations, les risques d’inondation,
les mouvements de populations,… il serait possible de mieux anticiper la
propagation et de déployer les ressources efficaces, réduisant ainsi le nombre
de cas et de décès.
Le rôle du Centre d’Excellence en innovation et intelligence
des données (Data Sphere - Sphère des données)du Hub de Dakar dans cette
révolution technologique
Le centre d’Excellence en innovation et intelligence des
données, basé au Hub des urgences de l’OMS AFRO à Dakar, dirigé par Dr Etien
Koua, développe des plateformes innovantes pour unifier la collecte de données,
mais la vision va plus loin. Il s’agit de créer des systèmes de renseignement
alimentés par l’IA, capables d’analyser en temps réel la mobilité des
populations, de détecter des variants génétiques ou encore de prévoir les
futures épidémies.
Les trois piliers de cette stratégie sont l’interopérabilité
des données, l’analyse prospective pour une réponse proactive, et la conception
centrée sur l’humain pour renforcer les capacités des équipes locales.
Un appel à la collaboration et à la co-création
Dr Etien Koua a lancé un vibrant appel aux partenaires,
experts en science des donnees (data scientists) et les communautés de pratique
: partageons nos données, co-construisons des modèles, formons nos équipes. «
Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère, où l’IA peut voir l’invisible et
anticiper l’inattendu. Ensemble, transformons la prévoyance en liberté face à
la peur. »
Engagement de l’OMS Afrique
L’OMS s’engage à développer des communautés d’experts, à
encourager le partage souverain des données et à renforcer les capacités
africaines en intelligence artificielle.
vers une surveillance
sanitaire nouvelle génération
« Notre objectif est que, d’ici la prochaine réunion, la
surveillance basée sur l’IA devienne la norme en Afrique », a insisté Dr Etien
Koua, soulignant que cette révolution technologique repose avant tout sur la
collaboration entre gouvernements, chercheurs, universitaires et autres acteurs
locaux.
« L’avenir de la sécurité sanitaire commence aujourd’hui, et
l’intelligence artificielle en est la clé », a-t-il conclu, rappelant que cette
technologie doit servir l’humain, et non le remplacer.
Il faut noter que cette rencontre a réuni une centaine
d’experts du domaine de l’IA, de la santé publique et de l’épidémiologie, venus
de partout dans le monde, dont Google, IHME, Oxford University, Havard
University, plusieurs autres universités africaines, européennes et
américaines, les instituts nationaux de santé publique, les laboratoires
nationaux de recherche, des compagnies privées de technologies, CEPI, Institut
Pasteur, Wellcome Trust, Gates, CDC Afrique l’OMS siège et OMS Afrique.
Edmond kouassi ( EDDYDY)

















