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Crise du Cacao ivoirien : Les producteurs dénoncent les irrégularités qui minent la filière et appellent le gouvernement à la rescousse

IvoirInter24 27 Mar 2026 - 05H06
Les producteurs dénoncent les irrégularités qui minent la filière

Le rêve d’une campagne historique vient-il de se briser sur l’autel de la mauvaise gestion ? Alors que la saison 2025-2026 s’ouvrait sous les meilleurs auspices avec un prix record de 2 800 FCFA/kg pour la toute première fois en Côte d'Ivoire. Les choses ne semblant pas bien se dérouler, le Collège des Producteurs de Côte d’Ivoire, représenté par l’ONPCC-CI, s'est réuni pour dénoncer les nombreuses irrégularités constatées dans le domaine du cacao. Ladite rencontre a eu lieu ce jeudi 26 mars 2026 à la Bourse du Travail à Abidjan -Treichville .

‎‎Notamment, ce sont le blocage des stocks, la chute brutale des prix et zones d’ombre sur un fonds spécial de 291 milliards FCFA , les planteurs exigent des comptes et demandent la démission du Directeur Général du Conseil Café-Cacao (CCC). C’est un vent de révolte qui souffle sur les plantations ivoiriennes. Thibeault Yoro, Secrétaire Général de l’ONPCC-CI, a pris la parole au nom des milliers de producteurs pour dénoncer une situation qu’il qualifie de « désastre économique ». Le constat est amer : le système de stabilisation, censé protéger le paysan, semble être en train de prendre l’eau.

‎Le spectre de 2016-2017 plane sur la campagne

‎Tout avait pourtant bien commencé. Le 1er octobre dernier, le Président Alassane Ouattara annonçait un prix de 2 800 FCFA/kg, une juste récompense pour les bras qui nourrissent l’économie nationale. Mais aujourd’hui, le mécanisme est grippé. Les producteurs dénoncent un scénario identique à la crise de 2016-2017 : exportateurs défaillants, erreurs de prévisions et opacité.

‎« Aujourd’hui, les mêmes causes produisent les mêmes effets », a martelé le représentant du Collège des Producteurs. 

‎Pire, la campagne intermédiaire vient de s'ouvrir sur une réduction brutale de 57 %, fixant le prix à 1 200 FCFA/kg. Une douche froide pour les paysans, surtout quand ils regardent de l’autre côté de la frontière : au Ghana, les producteurs touchent l’équivalent de 2 200 FCFA/kg pour le même marché mondial.

Le mystère des 291 milliards de FCFA

‎‎Au cœur de la colère se trouve la gestion d’un fonds exceptionnel. Pour sauver la campagne principale et enlever les 100 000 tonnes de stocks restants au prix fort (2 800 FCFA), l’État a débloqué la somme colossale de 291 milliards FCFA.

‎Mais où va cet argent ? Les producteurs pointent du doigt des dérives graves . Ce sont notamment, l'attributions opaques  des volumes qui auraient été concédés de gré à gré à des opérateurs privés (SITAPA, TRANSCAO) sans passer par les mécanismes officiels. Sabotage technologique , le système SYDORE (gestion des arrivées en port) subirait des arrêts délibérés pour freiner les flux. Aussi le reniement , la Direction Générale du CCC est accusée d'avoir renié sa signature sur des accords conclus sous l'égide du Premier Ministre Robert Beugré Mambé.

Le DG du Conseil Café-Cacao appelé à rendre démission

‎‎Face à ce qu’ils nomment une « gestion administrative défaillante », les producteurs ne demandent plus seulement des explications, ils exigent des sanctions. Leur plateforme de revendications est claire , la suspension immédiate de M. Yves Koné, Directeur Général du Conseil Café-Cacao. Ensuite Faire Un audit indépendant pour faire toute la lumière sur la gestion des 291 milliards FCFA et l'état réel des stocks.

‎On a également, le respect du prix de 2 800 FCFA pour tous les stocks résiduels de la campagne principale. Et pour conclure, une réforme profonde du Fonds de Réserve, pour qu’il serve enfin de bouclier aux paysans en cas de baisse des cours mondiaux.

‎L'appel au Chef de l'État

‎‎« Excellence, Monsieur le Président, ne laissez pas les sociétés coopératives et les millions de paysans être sacrifiés », lance Thibeault Yoro. En 2017, Alassane Ouattara n'avait pas hésité à limoger l'ancienne direction face à un constat similaire. Aujourd'hui, les regards se tournent à nouveau vers la présidence.

‎Le monde paysan refuse désormais d'être la variable d'ajustement , « Nous refusons d'être les seuls à supporter les pertes quand les cours baissent, alors que nous ne profitons pas pleinement des hausses. » La tension est à son comble, et l'avenir de la filière reine de Côte d'Ivoire semble suspendu à une décision politique forte.

‎‎J.M l'Eveilleur 

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