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Filière Anacarde : Dr Soro Sibirina en croisade pour une noix de cajou "zéro défaut " ‎

IvoirInter24 22 Fév 2026 - 13H29
Yanis photo @ Dr Soro Sibirina expert en défense des cultures, multiplie les actions de sensibilisation.

Face aux enjeux de souveraineté alimentaire et de compétitivité internationale, le Conseil Coton Anacarde Karité monte au créneau. C'est pourquoi mis à contribution par ledit organe de régulation, le Dr Soro Sibirina, expert en défense des cultures, multiplie les actions de sensibilisation auprès des producteurs pour optimiser la qualité de l’anacarde ivoirienne, de la récolte au séchage. Cette campagne de sensibilisation initiée, s'est tenue du lundi 16 au vendredi 20 février 2026 dans plusieurs localités des régions du Poro et de la Bagoué.

‎Dans les vergers d’anacardiers, la bataille pour la qualité ne se gagne pas seulement à la floraison, mais bien lors de la récolte. C’est le message porté par le Dr Souro Sibirina, Maître de Conférences et coordonnateur du Programme National de Recherche sur l’Anacarde. Son objectif est clair : transformer les pratiques paysannes pour garantir une amande saine, rentable et sans danger pour le consommateur.

‎Un double défi chimique et parasitaire

‎Pour l’expert, la qualité de la noix de cajou repose sur deux piliers indissociables. Le premier est phytosanitaire. « Nous luttons pour éviter la présence de résidus chimiques (LMR) dans les noix », explique le Dr Sibirina. Un enjeu de taille pour l'exportation vers les marchés exigeants.

‎Le second pilier est parasitaire. Une mauvaise gestion du verger expose les arbres aux insectes ravageurs et aux maladies fongiques, dégradant la structure même de la noix avant qu’elle ne quitte l'arbre.

‎L’humidité du sol, l’ennemi invisible

‎Une fois la noix mûre, le compte à rebours commence. Le Dr Sibirina insiste sur la rapidité du ramassage. « Quand les noix stagnent au sol, elles s'humectent. Elles captent l'humidité et deviennent alors une porte d'entrée pour les micro-champignons », prévient-il.

‎Pour contrer cette menace, une règle d'or : un ramassage tous les deux ou trois jours maximum. L’expert préconise également l’usage de la ficelle pour séparer la noix de la pomme. Cette technique permet d’éliminer les résidus de chair sucrée qui favorisent les infections et ralentissent le séchage.

‎Le séchage sur claies, le secret de la conservation

‎Le village reste le maillon critique de la chaîne de valeur. Pour le Dr Sibirina, le séchage à même le sol doit être banni au profit du séchage sur claies (supports surélevés).

‎« Cela permet d’éviter la remontée d’humidité terrestre et assure une circulation d'air optimale. Une graine bien séchée et triée, c’est une amande préservée », précise-t-il.

‎Le tri est l'étape finale pour éviter la contamination croisée. Une seule noix noircie ou infectée peut, par contact, gâter un lot entier de noix saines, réduisant ainsi drastiquement le rendement à l’usinage.

Une question de santé publique

‎Au-delà de l’aspect économique, c’est une question de vie ou de mort. Le Dr Sibirina tire la sonnette d’alarme sur les champignons de type Aspergillus. Ces derniers peuvent produire des toxines cancérigènes si les conditions de stockage sont mauvaises. « Nous ne sommes pas là pour faire peur, mais pour prévenir », a-t-il conclu.

‎En accompagnant les producteurs vers ces bonnes pratiques, la recherche scientifique ivoirienne s'assure que l'anacarde reste non seulement l'or gris du pays, mais aussi un produit sûr pour le monde entier.

‎Debank

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