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Tabagisme en Afrique: 75% des fumeurs approchés voudraient arrêter ….

IvoirInter24 01 Sep 2018 - 07H04
Tabagisme en Afrique: 75% des fumeurs approchés voudraient arrêter ….

« En 2016, 2,6 millions de fumeurs aux Usa ont opté pour la vaporisation. Aussi, l’augmentation du nombre de fumeurs chez les jeunes, n’est pas aussi élevé qu’on le pense. Il faut encourager la vaporisation » propos de Gregory Conley, président de American vaping association,( Ava). Qui venait ainsi de planter le décor en ouverture d’une série de panels. C’était à la faveur d’une rencontre internationale ayant pour thème général : « Réduction de la nocivité du Tabac : Passerelle vers une Afrique sans Fumée ». C’était à Johannesburg, la capitale économique sud-africaine, les 13 et 14 août2018. Belle tribune, pour une cinquantaine de professionnels des médias membres respectifs du Réseau des journalistes observateurs de l’industrie de la nicotine et du tabac (Rejoint) et de sa pendante anglophone Renotoni), à suivre les panels animés par les militants antitabac, industriels, professeurs d’université et des médecins. Par ailleurs, il nous est revenu lors des échanges, que : « 75% des fumeurs approchés voudraient arrêter. Malheureusement quand ils sont stressés ou ils se retrouvent devant leur tasse de café, ils se remettent à la cigarette » Aussi, le Pr Praneet Valodia professionnel de la Santé, a dit que : « En Afrique du Sud 50% des fumeurs se trouvent la couche la plus défavorisée et dans la masse des chômeurs. Interdire de fumer dans les restaurants et les lieux publics, est certes une bonne chose, mais est-ce que tout le monde y va ? Il faut donc tenir comme de la grande majorité de la population. Ici, 30% des personnes qui fument pensent qu’il faut réduire la nocivité» Faut-il alors proposer des alternatives pour aller vers un monde sans fumée ? Apparemment oui. Si l’on s’en tient au propos de Marcelo Nico, le Directeur général de Phillip Moris South Africa quand il dit : « Nous avons contribué depuis quelques années, à la santé à travers le monde. Nous avons arrêté de vendre du tabac. Nous sommes en Afrique du Sud.Ici c’est le premier pays où nous avons envoyé et expérimenté nos alternatives innovants. Par ailleurs, nous allons continuer à travailler mains dans la main avec les chercheurs au niveau de la science et la technologie autours des alternatives indiquées plus haut. Nous voudrons du haut de cette tribune, pour inviter les fumeurs à abandonner la nuisance traditionnelle en adoptant les produits de substitution » Par ailleurs M. Marcelo Nico n’a pas manqué de faire une autre proposition quand il dit : « Donnons l’opportunité à tous les consommateurs d’aller vers des produits innovants en utilisant des produits moins nocifs .Nous voulons que la majorité adopte ce changement(…) » Pour faire avancer la lutte antitabac en Afrique, les médias doivent jouer une rôle de premier plan. Non seulement au niveau de la sensibilisation mais aussi de demander aux gouvernants des comptes sur ce qui est fait des recettes tirées de l’industrie du tabac. Surtout en termes d’investissements dans le secteur de la santé, de l’éducation et de l’assainissement par exemple.

L’industrie du tabac : Une affaire de gros sous…

Un pays comme le Malawi grand producteur de tabac en Afrique tire 80% de ses recettes d’importation du tabac. Quid de certains pays de l’Afrique de l’ouest comme la Côte d’Ivoire ? Dans ces pays- là , le tabac est soumis à une taxe spécifique et rigoureuse. Toutes choses qui n’empêchent pas le développement de la contrebande qui alimente des réseaux mafieux. Selon des sources bien introduites dans l’univers des industriels du tabac, « le tabac est un produit délicat, sensible et légal. L’industrie du tabac est soumise à une taxe spécifique et 75% du coût de vente du tabac vont aux Etats, sous forme de taxe. L’industrie du tabac a un enjeu économique et social. Au Mali par exemple, la deuxième marque de cigarette la plus vendue vient du trafic illicite dont les ressources servent à financer les activités de commerces illicites. Nous ne sommes pas contre une taxation du tabac mais voulons une taxation juste » Mieux, aux dires d’experts, « l’Afrique de l’ouest est une zone économique en croissance qui a ses défis et ces enjeux. Nous essayons de nous insérer dans le tissu économique. Si nous faisons des estimations sur la période 2007- 2015, nous pouvons dire que notre groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 300 milliards de Fcfa dans la zone. En termes de droits spécifiques sur les tabac, nous sommes autour de 100 milliards de Fcfa que nous avons payés aux titre des impôts et taxes aux Etats » Des chiffres officiels qui font languir mais qui ne profitent plus aux petits tabaculteurs notamment dans la partie centre et nord de la Côte d’Ivoire. Car, depuis la fin de la décennie 1990, avec la baisse du prix du Kilogramme de tabac aux petits tabaculteurs ivoiriens, l’activité a pris du plomb dans l’aile. Malgré tout, l’industrie du tabac continue de rapporter gros à la chaine des acteurs, en dépit du fait que le tabac pourrait causer la mort d’un milliard de personnes durant ce 21e siècle( Voir encadré). Pour le Docteur Dr Kgossi Letlape président de l’Ordre des Médecins et Dentistes sud-africains, « C’est au media de demander des comptes aux gouvernants sur l’utilisation des recettes générées des importations et exportation du tabac. Sans oublier la sensibilisation des consommateurs sur la réduction de la nuisance du tabac » Non sans inviter les africains à véritables prises de conscience quant à l’application et à la transposition des textes de l’Organisation mondiale de la Santé ( Oms) dans les textes nationaux . Le Dr Kogssi a dit : « Nous avons la convention cadre pour la lutte contre le tabac dont tous les pays sont membres. Chaque pays à la possibilité de ratifier ou non. De transposer ou non cette convention ou non dans ses propres lois. C’est comme ça que les Usa qui est pays puissant n’ a pas signé. Mais les Usa ont une agence nationale qui est la Fda( Food and drug administration). Ils ont leur propre loi qui n’a rien avoir avec ce que fait l’Oms. Eux, ils tiennent compte de leur propre contexte socio- économique, contexte des affaires. Il en est de même dans l’Union européenne( Ue). Où les pays membres décident entre eux, de ce qu’ils peuvent intégrer au titre des résolutions de la convention. Aussi il y a une partie des recommandations de la Convention indiquée plus haut dont ils disent qu’ils veulent intégrer à leur guise à leur texte national. Par exemple si nous prenons l’exemple de la Nicotine, la convention dit qu’il faut telle concentration( …) » Aussi, lors de sa communication, il n’ a pas manqué d’interpeller l’Union africaine en ces termes : « Dans l’Union africaine,( Ua) on en parle pas et on adapte pas ce qui est dit au niveau de la convention. Prenons par exemple le cas du Malawi qui est un grand producteur africain de tabac. Ce pays devrait à son niveau voir comment protéger son marché. Mais que dit-il en ce qui concerne l’emballage neutre de cigarettes ? « On devrait pouvoir en discuter. Parce que dans nos pays ça favorise le trafic, la contrefaçon et la contrebande sur les cigarettes. On devrait pouvoir organiser un forum pour en débattre. Avec ça on ne peut plus avoir de contrôle et tracer la production locale. Si tous les produits illégaux fleurissent, ça va être difficile pour l’industrie locale dont tous les actifs vont péricliter(…) » estime notre activiste de la Santé. De l’avis de M. Amadou Mahtar Bâ, le Président d’All Africa, qui a facilité les échanges estime que les débats ont été fructueux attestant d’un réel intérêt des journalistes sur la question du tabac en Afrique. D’ailleurs une de leurs recommandations fortes porte sur le renforcement de capacités pour mieux appréhender les réalités de ce milieu. Une « exigence » d’autant plus justifiée que, face à la question aussi importante que cruciale du tabac, les experts se sont faits très diserts sur le rôle des journalistes. Qui, doivent, entre autres, « comprendre pour aider les citoyens à comprendre », « ne pas prendre position », « être ouverts aux critiques » et « objectifs ».

Bamba Mafoumgbé, envoyé spécial à Johannesburg (Afrique du Sud, bamaf2000@yahoo.fr)


Encadré : Le circuit mafieux de la contrebande de la cigarette en Afrique de l’Ouest

Selon les chiffres de consommations nationales et ce qui est consommé sur place, chiffres fournis par les majors, « la quantité de cigarettes introduites à partir des pays du Golfe de Guinée, est de 16 milliards de cigarettes soit 100 millions de paquets de cigarettes au minimum qui partent du sud notamment des ports, vers l’Afrique du Nord. Les bénéfices sont estimés à 800 millions d’Euros ( 542 milliards de Fcfa) ne profitent pas seulement aux trafiquants mais aussi groupes armés en général, récupèrent une partie de cet argent pour eux –mêmes » dit-il. Avant d’expliquer dans les détails quand il dit : « Le principe de base, c’est de faire entrer ces cigarettes par des ports du Golfe de Guinée en Afrique de l’ouest, vers les autres pays de l’Ouest en les faisant remonter par des routes connues en direction de l’Afrique du Nord notamment l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Lybie et l’Egypte qui consomment 49% de ces cigarettes- là. 44% de la consommation ce sont les pays de l’Afrique du Nord qui ont le plus de taxe sur les cigarettes.. Il s’agit donc de remonter ces cigarettes et profiter de la différence de la taxation. Ces cigarettes arrivent par centenaires dans les ports de l’Afrique de l’Ouest Nouaguibour( Mauritanie), Conakry,San pedro, Abidjan, Lomé et Cotonou à qui il est payé tout ce qui est légal. Ils aiment les bons ports ( …) et acheminés vers des pays comme le Burkina Faso. Où les conteneurs sont dépotés et les cigarettes stockées dans les entrepôts. Pour être par la suite convoyées par 4X4 vers l’Afrique du Nord.

Bamba M.

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