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Diakalidia Konaté (Dg de l’Oni) : "Pourquoi les cartes nationales d’identité tardent à être délivrées"

fratmat.info 09 Fév 2018 - 12H05
Diakalidia Konaté Dg de l’Office National d'identification

Le directeur général de l’Oni apporte des éclaircissements sur ce grand projet innovant qui sonnera, par ailleurs, la révolution de l’état civil ivoirien

Diakalidia Konaté (Dg de l’Oni) : "Pourquoi les cartes nationales d’identité tardent à être délivrées"

Le directeur général de l’Oni, Diakalidia Konaté, apporte des éclaircissements sur ce grand projet innovant qui sonnera, par ailleurs, la révolution de l’état civil ivoirien. Il présente également les avancées de la politique de lutte contre la fraude identitaire menée par ses services et explique les principales causes des retards constatés dans la délivrance des cartes nationales d’identité.

Vous avez initié de nombreux projets au cours de cette année 2017. Quel bilan pouvez-vous dresser?

L’année 2017 nous a permis d’élaborer un plan d’actions stratégiques qui avait été validé à Grand- Bassam. Dans le cadre de sa mise en oeuvre, nous avons réalisé beaucoup d’activités. Comme premier acquis, l’état dispose aujourd’hui d’un document de stratégie sur l’état-civil et l’identification réalisé à l’issue d’une étude diagnostique selon l’approche du programme africain pour l’amélioration des systèmes d’état civil et l’établissement des statistiques vitales en abrégé Apicrvs A cela, le gouvernement a instruit l’Oni et des services techniques nationaux pour élaborer le cahier de charges de la mise en place du rnpp. Cela a été fait dans les délais prescrits et l’ensemble de ces documents a été présenté au Gouvernement le 14 décembre dernier. Ces documents ont été adoptés avec le chronogramme qui l’a accompagné.

Au plan social, l’ouverture d’une infirmerie, l’acquisition d’un car pour le personnel. En termes de qualité-service de nos prestations, plusieurs ateliers organisés nous ont permis d’améliorer les conditions de production des Cartes Nationales d’identité et de renforcer les capacités de nos collaborateurs dans le domaine de la gestion des organisations.

Nous nous sommes engagés au cours de l’année écoulée, à réactiver la Carte de résidents pour les ressortissants hors Cedeao. Cela a permis d’assurer une meilleure traçabilité des personnes et améliorer la gestion du flux migratoire sur tout le territoire national. Avec l’appui de notre partenaire l’Unicef, aussi nous avons démarré les activités préparatoires à la mise en place des nouveaux mécanismes d’enregistrement des faits d’état civil. C’est le projet pilote intégré à la modernisation de l’état civil.

Au niveau de la communication, un journal interne a été institué, pour permettre à tous les agents d’être au même niveau d’information. A l’actif de notre bilan, nous ajoutons le déploiement de seize Coordonnateurs et de trois Superviseurs à l‘intérieur du pays pour une meilleure efficacité des activités des agents d’identification sur le terrain.

Pour cette année 2018 qui commence, quelles sont les priorités de l’Oni ?

La priorité des priorités est la mise en place du registre national des personnes physiques. Toute notre attention, notre énergie et nos activités sont focalisées sur la mise en place de ce registre. D’ailleurs, nous pilotons actuellement, avec l’Unicef, un projet précurseur de la mise en place du registre national dans les régions de San-Pédro, de la Nawa et du Gboklè. Ce projet a vocation à susciter la déclaration universelle des faits d’état-civil. Or, la source de l’identité des personnes, c’est leur état civil. Nous sommes déjà dans la dynamique du Rnpp. En cette année 2018, nous poursuivrons la consolidation des actions que nous avions entamées avec nos partenaires au développement.

Nous venons de signer l’accord subsidiaire avec la Banque Mondiale pour le financement des études et de certaines activités de démarrage du projet « Identification pour le développement en Côte d’Ivoire (Idci) » dans le cadre de la mise en place du rnpp. Nous avons 24 mois pour mettre en place le registre national des personnes physiques et toutes les énergies sont mobilisées au niveau de l’office national de l’Identification pour atteindre cet objectif.

Le Rnpp est donc la réponse aux nombreuses insuffisances que connaît le système d’identification ?

Bien entendu. Aujourd’hui, l’écosystème de l’identification en Côte d’Ivoire donne de constater qu’à côté de l’oni qui détient une base de données nationales, il y a plusieurs autres bases sectorielles, comme celles de la Couverture Maladie Universelle, des passeports, des permis de conduire, de l’éducation nationale etc. Ces bases de données, malheureusement, ne communiquent pas entre elles, il est impossible d’en assurer leur unicité. Une identification sécurisée et viable veut nécessairement dire l’unicité de toutes les bases de données pour garantir la production de la pluralité des documents d’identité. Ainsi, à partir de sa seule biométrie une personne pourra se voir délivrer son extrait de naissance, sa Cni, son permis de conduire, son passeport, sa carte de la couverture maladie universelle, sa carte scolaire, sa carte professionnelle, sa carte d’électeur avec le même numéro. La vocation du Rnpp est de mettre toutes ces bases de données ensemble en vue de donner un identifiant unique à chaque individu vivant sur le territoire ivoirien. Le Rnpp, une révolution en matière d’identification et d’état civil, deviendra désormais la base de données de référence.

A quel niveau êtes-vous avec ce projet innovant ?

Dans la communication qui a été adoptée en Conseil des ministres le 14 décembre dernier, le gouvernement a décliné un chronogramme en trois grandes phases. La première phase est consacrée à la prise des textes devant encadrer toute cette opération, amenant ainsi la réforme de l’office National d’Identification. Tout cela est prévu dans le document de stratégie élaboré par les experts nationaux et internationaux qui nous ont accompagnés dans sa rédaction. Il y a eu au préalable un diagnostic du système d’état civil et d’identification en Côte d’ivoire qui a abouti à l’élaboration de ce document. Ce sont donc les résultats et les conclusions de ces travaux contenus dans ce document stratégique qui ont été déclinés dans un chronogramme.

Cette première phase doit être bouclée avant fin mars prochain. La deuxième phase est celle de la construction du nouveau système d’identification et d’état-civil. Elle débute en mars prochain et prendra fin au mois de Septembre de cette année 2018. Le déploiement de ce système va s’étendre jusqu’en 2019. Il s’organisera autour d’un enrôlement de masse, qui prendra tout le monde en compte, les nationaux, les ressortissants Cedeao, hors Cedeao y compris les personnes non encore déclarées à l’état civil et les apatrides. Pareillement, toutes les entrées et sorties des personnes du territoire national seront captées. Donc un outil efficace de lutte contre le phénomène de la migration irrégulière.

La troisième phase est celle du développement des services. Une fois qu’on a l’identifiant unique de chaque individu, le E-Gouvernement pourra désormais se développer. Puisque je sais désormais qui est M. Konaté, je peux transiger avec lui, c’est le principe du « Know Your Customer (KYC) », c’est-à-dire connaitre son client. Cela va faciliter les échanges entre les administrations publiques et privées et les citoyens ainsi qu’entre administrations publiques et administrations privées.

Quelles sont les réformes et les mesures que vous avez prises pour lutter contre la fraude sur l’identité et la nationalité, notamment, en vue de la sécurisation des documents administratifs?

En attendant la solution durable et définitive à la fraude qui est le registre National des personnes physiques, avec l’identifiant unique, nous avons enclenché depuis le début de l’année dernière, une série d’actions qui a permis aujourd’hui d’atténuer l’effet de la fraude. Nous avons d’abord réactivé le Service d’Investigations et du Contentieux (SIC).

Nous avons en notre sein une brigade de lutte contre la fraude documentaire, dirigée par un commissaire divisionnaire. Ce Service que nous avions réactivé est en contact permanent avec les autorités judiciaires. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 47 arrestations de personnes avec de faux documents qui ont été déférés. Nous sommes même allés mettre la main sur des agents de certains centres d’état-civil qui s’adonnaient à la fabrication de faux documents. Nous avons renforcé la sécurité des Attestations d’Identité qui avait plus de dix ans d’existence. Aujourd’hui, la biométrie des empreintes digitales est intégrée automatiquement à l’Attestation d’Identité en plus de la photo. Ce qui est une avancée remarquable.

Nous avons par ailleurs, mis en place un service chargé de procéder à l’authentification des documents délivrés dans les centres d’état-civil. Nous avons engagé plusieurs actions de démantèlement des réseaux de vendeurs des pièces d’identité égarées ou perdues. C’est l’une des sources de la fraude. parce que ces documents sont transformés, falsifiés, remis sur le marché et utilisés par des fraudeurs ou délinquants pour commettre des forfaits.

Lorsque ces cartes ont été récupérées, elles ont fait l’objet d’authentification dans notre base de données. Un répertoire de ces CNI a été dressé et la liste est actuellement disponible au service ‘’réclamation’’ situé à l’oni plateau, en face de la Cathédrale. Pour la Carte de résident également, nous étions au titre provisoire de Séjour. Ce document papier était également falsifié. Nous avons carrément procédé au changement du support. Nous sommes désormais à la Carte de résident biométrique qui est à l’image de la Carte Nationale d’Identité. Les enrôlements sont faits et la biométrie des requérants est intégrée dans cette carte de résident dont le niveau de sécurité est très élevé. Voici donc une batterie de réformes de sécurisation des titres d’identité qui nous ont permis de nous mettre quelque peu à l’abri de la fraude en 2017,parce qu’en la matière, on ne peut que minimiser la fraude en attendant l’attribution du numéro unique, avec la mise en place du registre National des personnes physiques.

Il y a beaucoup de plaintes dues au retard constaté dans la délivrance de la CNI. Qu’en est-il exactement ?

A l’issue des grandes pluies diluviennes de l’année 2017, nous avons connu des dommages importants consécutifs à l’inondation de notre centre de production. L’eau a pénétré le bâtiment et touché le système électrique dont dépend le système d’information. Il est bon de savoir que ce bâtiment a le même âge que les tours administratives qui font actuellement l’objet de réhabilitation. En attendant la réhabilitation du bâtiment et du système, nous avons, à ce jour, à travers un projet, amélioré le niveau de sécurité du bâtiment et procédé à la réhabilitation sommaire de quelques équipements. Les travaux ont duré d’Août à décembre 2017. Durant la période de ces travaux de réhabilitation, nous ne pouvions pas arrêter les enrôlements parce qu’il est mieux d’être enrôlé pour que les différentes étapes soient opérées, à savoir la vérification et le scanning des documents, le matching pour détecter les doublons.

En outre, il faut noter que nous avons un système d’informations qui date de près de dix ans. Il a été interrompu après les opérations d’identification et de recensement électoral 2008-2009 et n’a été réactivé qu’à l’occasion de la relance de l’identification ordinaire en juillet 2014, avec les mêmes logiciels acquis en 2008. or, en la matière, le système est dépassé après généralement deux ou trois ans, alors que la Côte d’Ivoire était très en avance sur les pays de la Sous-région en matière de biométrie. La Carte Nationale d’Identité ivoirienne en circulation est biométrique depuis 2008. Entretemps, la technologie a évolué et aujourd’hui, nous sommes en retard.

Ce défaut de mis à jour de notre système est à l’origine aujourd’hui des bugs, des situations que nous sommes en train de corriger progressivement. Il se trouve aussi que les cartes ne sont pas retirées... Il faut reconnaitre aussi que lorsque la carte est confectionnée, la cible ne vient pas la chercher....Suite sur www.fratmat.info/

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